Ani Markova
MBA, LIFA, CIM, CFA, AGF INVESTMENTS INC.

LE POINT DES GÉRANTS | 8 Mars 2018 |  editorial

La réponse des marches actions aux taxes de Trump.

Dans l’après-midi du 1er mars, le Président américain Donald Trump annonçait l’imposition par son gouvernement de taxes sur les importations d’acier et d’aluminium dans la semaine suivante. Trump avançait le chiffre de 25 % sur les importations d’acier et 10 % sur l’aluminium. Les détails n’étaient pas encore disponibles car des exonérations restaient possibles pour certains pays.

En réponse à cette annonce, les marchés ont fortement corrigé en raison des inquiétudes liées au commerce, le Dow chutant de près de 586 points avant de se redresser en fin de journée pour clôturer cette séance du 1er mars en baisse de 420 points, soit une perte de 1,7 %. Les secteurs des biens d’équipement, de l’automobile et de l’aéronautique essuyaient les plus grosses pertes.

Graphique intra journalier du Dow Jones des industrielles (1er mars 2018).

Rappelons le contexte. Le 16 février, le Département du commerce finalisait un rapport qui laissait entendre que les importations compromettaient la sécurité nationale américaine en portant préjudice au tissu industriel. Les recommandations émises sur la base de ce rapport portaient sur trois axes : un quota fixe sur toutes les importations, une combinaison quota/taxe ou une taxe générale sur l’acier et l’aluminium. Ainsi, alors même que les marchés anticipaient une riposte, Trump annonçait des tarifs douaniers plus sévères que ceux recommandés par son administration (25 % pour l’acier et 10 % pour l’aluminium), ce qui constituait un signe majeur de turbulences à venir en matière de protectionnisme commercial.

En voici quelques points clés.

  • Impact sur les consommateurs et l’économie américaine. Les plus gros perdants de cette imposition sur l’acier et l’aluminium seront certainement les consommateurs et les entreprises qui utilisent ces métaux. Il faudra beaucoup de temps pour que la réaction de l’offre se répercute dans la chaîne d’approvisionnent, ce qui agira surtout comme une taxe sur ces entreprises. Les secteurs consommateurs d’acier et d’aluminium – comme les boissons, l’aéronautique, l’automobile et d’autres encore – en seront affectés. La question est de savoir si ces entreprises répercuteront ce coût supplémentaire sur les consommateurs. Si ce n’est pas le cas, leurs marges en souffriront. Si c’est le cas, le résultat sera une hausse des prix pour les consommateurs et des risques de voir la Fed appliquer une politique monétaire plus sévère (i.e. des hausses de taux plus vite que prévu). Dans les deux cas, les taxes ne sont pas bonnes pour les actions (inflation plus forte ou baisse des marges des entreprises).
  • Impact sur les producteurs. Pour les producteurs d’acier américains, la réaction impulsive a été positive avec, le 1er mars, une hausse des prix de l’acier à un chiffre dans la partie moyenne de la fourchette. Cependant, nos contacts dans le secteur montrent que les producteurs d’acier ne débordent pas non plus d’enthousiasme, mais restent prudents en attendant de s’assurer qu’il n’y aura pas de contrecoup sur l’acier américain produit à l’étranger.
  • Impact sur le Canada. Du point de vue canadien, la grande question est de savoir si le Canada sera exempté des taxes, en particulier dans le secteur de l’aluminium – les Etats-Unis importent approximativement 80 % de leurs besoins en aluminium (environ 5 millions de tonnes) dont la moitié environ en provenance du Canada. En matière d’exonération, il existe un précédent : en 2002, le président George W. Bush avait imposé des taxes, jusqu’à 30 % sur les importations d’acier, mais avait exonéré le Canada et le Mexique. Cependant, avec des négociations de l’ALENA qui piétinent et la rhétorique actuelle de l’administration Trump, les précédents ont peu de valeur aux yeux des acteurs du marché qui cherchent surtout à anticiper le prochain coup de cette administration. Ainsi, le producteur canadien Stelco Holdings a perdu 5 % le 1er mars à la suite de la nouvelle.

N’oublions pas “The Art of the Deal” (L’art de la négociation)

« La pire des choses que vous puissiez faire dans une négociation est de paraître désespéré pour la conclure. L’autre a flairé votre faiblesse, et vous êtes mort. La meilleure chose que vous puissiez faire est d’utiliser la force, et votre plus grande force est de posséder ce que l’autre veut, ou plus encore, ce dont il a besoin. » (Donald Trump, The Art of the Deal).

Cela pourrait-il être une simple posture ? Après tout, le président peut prendre des mesures unilatérales sur le commerce – les taxes ne sont pas soumises à l’approbation du congrès. Nous avons là un parfait outil de négociation, affûté au style Trump – forgeant des positions radicales (et bouleversant des marchés pendant ce temps) pour, finalement, s’accorder sur des conditions acceptables par les deux parties, mais avec un avantage pour les Etats-Unis. Au septième round des négociations de l’ALENA actuellement en cours à Mexico, il ne serait pas surprenant que cette posture fasse partie du calcul. Plus probable encore, elle pourrait s’adresser à la Chine, bien que cette dernière ne soit que le 11ème fournisseur d’acier des Etats-Unis (rappelons que le Canada est le premier). Les acteurs du marché vont guetter toute riposte provenant de la Chine (et d’autres pays impactés) au fur et à mesure où les mesures seront précisées.

Tout cela sert à rappeler qu’il faut s’attendre à un environnement plus volatil que celui auquel nous nous sommes habitués dans les années précédentes. La perspective des prochaines élections de mi-mandat en 2018 incite Trump à se tourner vers sa base et donc vers les politiques commerciales sur lesquelles il a fait campagne, telles que America first, et d’autres mesures protectionnistes. Ainsi, nous ne serions pas surpris d’observer l’augmentation du nombre de cas de volatilité, avec la réserve que cela peut survenir dans un contexte macroéconomique toujours soutenu. Restez à l’écoute.


Ce commentaire s’appuie sur une information disponible au 1er mars 2018 et ne doit pas être considéré comme un conseil d’investissement ou une sollicitation d’achat ou de vente d’or ou d’actions or. Les conditions du marché évoluent, impactant les portefeuilles et le prix de l’or. AGF décline toute responsabilité dans des décisions prises du fait de l’utilisation de l’information provenant de ce qui précède, qui ne doit pas être considérée comme un conseil en matière de placements.

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