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C’est… électrisant ! | 18 octobre 2022 | Investissements & Marchés

Aujourd’hui, aux États-Unis, environ 20 % de la production d’électricité provient de sources d’énergie renouvelables telles que l’éolien, le solaire, l’hydroélectricité, la biomasse et d’autres technologies (figure 1). Au cours des trois prochaines décennies, nous pensons qu’une mutation se produira au sein de ce profil de production. Ainsi, nous prévoyons que l’électricité produite par des sources renouvelables augmentera jusqu’à 80 % et que la part de l’électricité dans la consommation (et la production) totale d’énergie augmentera également de manière substantielle.

Ce changement radical offre une opportunité de croissance structurelle attractive pour les énergies renouvelables et un outil déflationniste important pour l’économie mondiale.

Figure 1. Sources de production d’électricité aux États-Unis

Source : U.S. Energy Information Administration (EIA). Données 2021. Total : 4,12 trillions de kilowattheures.

Jusqu’à récemment, l’argument du changement climatique à lui seul n’était pas en mesure de générer une dynamique suffisante pour le déploiement des énergies renouvelables. Puis les énergies renouvelables ont atteint un point d’inflexion important en offrant des prix abordables pour la production d’électricité par rapport aux combustibles fossiles traditionnels. L’impact sur le portefeuille a donc rendu les énergies renouvelables plus attrayantes que le simple bénéfice pour la planète. Conséquence de la guerre en Ukraine, la priorité à l’approvisionnement et à la sécurité énergétique s’est généralisée, et l’attrait des énergies renouvelables a nettement augmenté ces derniers mois, compte tenu du besoin urgent d’une plus grande indépendance énergétique, de la sécurité des approvisionnements et d’une meilleure prévisibilité des prix de l’énergie et de l’électricité. Nous croyons que ces facteurs, ensemble, accéléreront massivement la demande d’énergies renouvelables.

Deux exemples illustrent la dynamique de la demande et les changements potentiellement sismiques à venir. Le premier exemple montre comment l’électricité renouvelable prendra sa place, en tant que substitut, dans le secteur de l’électricité. Le deuxième exemple montre comment l’électricité prendra une part supplémentaire de la consommation totale d’énergie (et donc de la production) via une forme indirecte de substitution par l’adoption de véhicules électriques (VE).

Exemple 1. Les énergies renouvelables en tant que substitut augmenteront leur part de la production d’électricité à 80 %.

Le charbon demeure la source de combustible pour 22 % de l’électricité produite aux États-Unis (figure 1). En 2021, 90 % de l’approvisionnement en charbon ont été utilisés pour produire de l’électricité (figure 2). Alors que le charbon continue d’être remplacé par des sources d’énergie renouvelables, les énergies renouvelables augmentent considérablement leur part de la production d’électricité, et probablement plus rapidement que prévu.

Figure 2. Consommation de combustibles fossiles aux États-Unis par source et par secteur

Source : U.S., Energy Information Administration (EIA). Les données sont pour 2021. Quadrillion d’unités thermiques britanniques (Btu)

Comme l’illustre la figure 3, d’ici 2030, une capacité cumulée de 92,5 GW de charbon devrait être supprimée, ce qui représente 44 % de la capacité totale des centrales à charbon à partir de 2021 (210 GW de capacité de charbon fonctionnaient aux États-Unis en 2021. Source : EIA). En considérant un facteur de capacité de 30 % (c’est-à-dire la fréquence à laquelle une centrale électrique fonctionne à sa capacité maximale), ce qui équivaut au facteur de capacité moyen de 2021 pour les énergies renouvelables, le système électrique américain total devra ajouter environ 149 GW de capacité d’énergies renouvelables pour remplacer les fermetures de charbon (Figure 4), qui représentent 48 % des 312 GW de capacité d’énergies renouvelables en 2021.

Figure 3. Calendrier des fermetures de mines de charbon aux États-Unis (en GW)

Source : Institute for Energy Economics and Financial Analysis Mars 2022, Bloomberg

À partir de 2030, si la capacité de charbon restante est progressivement supprimée, une capacité supplémentaire estimée à 189 GW de capacité d’énergies renouvelables pourrait être nécessaire. Ainsi, au total, le remplacement du charbon dans le système de production d’électricité pourrait exiger environ 338 GW (149 GW (d’ici 2030) + 189 GW (après 2030)) d’ajouts d’énergies renouvelables, soit environ 108 % de la capacité actuelle d’énergies renouvelables. Si l’on considère la transition énergétique à moyen terme, le remplacement complet du charbon dans la production d’électricité aux États-Unis pourrait impliquer plus que le doublement de la capacité d’énergie renouvelable actuellement disponible.

Figure 4. Augmentation de la capacité des énergies renouvelables aux États-Unis
grâce à la substitution du charbon (GW)

Source : Institute for Energy Economics and Financial Analysis Mars 2022, Bloomberg

Dans cette analyse, nous émettons l’hypothèse implicite que tout le charbon serait remplacé par des énergies renouvelables, ce qui peut paraître ambitieux à court terme. Cependant, même si une partie du charbon est initialement remplacée par du gaz naturel, à moyen et long termes, nous prévoyons que tous les combustibles fossiles seront finalement remplacés par des énergies renouvelables (par exemple, en transformant une centrale au charbon en une centrale biomasse). Nous sommes à l’aise avec cette prédiction, car l’électricité renouvelable est déjà moins chère que les autres formes d’électricité dans la plupart des régions des États-Unis, et cet écart n’a fait qu’augmenter compte tenu du coût plus élevé du gaz naturel. En outre, à moyen terme, d’autres facteurs de croissance, tels que le stockage sur batterie, l’extension du réseau et les capacités de production distribuée, devraient permettre aux énergies renouvelables de prendre une part plus importante dans la production d’électricité. Ces catalyseurs, associés au besoin mondial de sécurité énergétique, devraient accélérer la migration vers les énergies renouvelables.

De plus, NextEra Energy, la principale entreprise de services publics du pays a annoncé, lors de sa réunion d’analystes de juin qu’elle sera « Real Zero » d’ici 2045, c’est-à-dire que l’entreprise n’utilisera ni charbon ni gaz naturel d’ici 2045. Cela change la donne : NextEra a sauté l’objectif « Net Zero » en se fixant directement l’objectif « Real Zero », convaincue qu’elle n’aura pas besoin de production de charbon ou de gaz d’ici 2045. Nous devrions ainsi observer un changement au sein de l’industrie car les autres participants seront obligés de suivre pour ne pas être distancés.

Substituer le gaz naturel aux énergies renouvelables dans la production d’électricité nécessiterait l’ajout d’environ 590 GW de capacité d’énergies renouvelables. Au total, le remplacement complet du charbon (nécessitant une augmentation de 108 % de la capacité des énergies renouvelables par rapport aux niveaux de 2021) et du gaz naturel (nécessitant une augmentation supplémentaire de 189 % par rapport à la capacité des énergies renouvelables de 2021) nécessiterait une croissance de la capacité des énergies renouvelables aux États-Unis d’un peu moins de 300 % par rapport aux niveaux de 2021, équivalent à un taux de croissance de 4,9 % par an entre 2021 et 2050.

L’adoption récente de la loi sur la réduction de l’inflation (IRA) offre la visibilité à long terme nécessaire aux entreprises pour entreprendre ces investissements dans les énergies renouvelables et obtenir des rendements attractifs. Cela renforce considérablement les arguments en faveur de la substitution du charbon par des énergies renouvelables, compte tenu des différentiels de coûts supplémentaires et, cela étant, nous pensons que les calendriers de fermeture du charbon seront avancés. Il est donc tout à fait raisonnable d’envisager un scénario d’un secteur électrique américain sans charbon ni gaz d’ici le milieu du siècle.

Exemple 2. Les véhicules électriques, en tant que substitut indirect, devraient accroître la part de l’électricité dans la production totale d’énergie.

La croissance future de l’adoption des véhicules électriques devrait faire progresser la part de l’électricité dans la production d’énergie. En 2021, 69 % du pétrole était utilisé pour l’industrie américaine des transports (figure 2). Dans les transports, 59 % sont brûlés par les voitures (figure 5). Par conséquent, la migration des voitures à moteur à combustion interne vers les véhicules électriques devrait avoir un impact substantiel sur la demande de pétrole ainsi que sur la demande d’électricité.

Figure 5. Consommation de combustibles fossiles aux États-Unis par mode de transport (2018).

Source : Oak Ridge National Laboratory

Nous pensons que la croissance des véhicules électriques a atteint un point d’inflexion. Les graphiques 6 et 7 illustrent nos projections internes sur la pénétration et la demande de véhicules électriques aux États-Unis, en Europe et en Chine. Historiquement, la disponibilité limitée des modèles restreignait le choix et l’accessibilité en termes de prix, et la pénétration était faible. Ce paysage est toutefois en train de changer ; Morning Consult estime que le nombre de modèles de VE disponibles aux États-Unis va quasiment tripler en trois ans, entre 2020 et 2023 ! Nous nous attendons à ce que cet accroissement de la disponibilité rendent les prix plus abordables et favorise une plus grande adoption des VE.

Figure 6. Ventes de VE/total des ventes de voitures – Figure 7. Ventes annuelles de VE par marché

Source : Ecofin

L’impact de l’ajout des VE au mix de consommation d’électricité reste modeste dans les années à venir, compte tenu de la faible base. À mesure que les ventes de VE augmentent, l’impact cumulatif sur la demande d’électricité commence à augmenter et l’électricité devient une part encore plus importante de la consommation (figure 8).

Figure 8.

Source : EIA, FHWA, Odyssee-Mure, Statista, Ecofin

Dans le contexte d’un marché américain qui n’a connu aucune croissance de la demande d’électricité au cours de la dernière décennie (figure 8), les véhicules électriques à eux seuls stimuleront la croissance du secteur de l’électricité et conduiront finalement le secteur à prendre une part plus importante de l’ensemble de la consommation/production totale d’énergie. Les VE stimuleront également la demande d’énergies renouvelables, car les propriétaires de VE voudront naturellement de l’électricité à partir de sources renouvelables. La consommation d’électricité des VE nécessitera à elle seule 14 % supplémentaires de capacité d’énergies renouvelables d’ici 2030 (par rapport à 2021) et 61 % d’énergies renouvelables supplémentaires d’ici 2040 (figure 9).

Figure 9. Augmentation de la capacité des énergies renouvelables aux États-Unis grâce à l’adoption des VE (GW)

Source : EIA, Eurostat, Enerdata, FHWA, Odyssee-Mure, Statista, S&P Global, NREL, Ecofin

Conclusion : la croissance des énergies renouvelables est à un point d’inflexion.

Si l’on met de côté les autres facteurs de croissance économique, lorsque l’on analyse uniquement la substitution du charbon et du gaz naturel avec la croissance des véhicules électriques, la capacité des énergies renouvelables devra se multiplier au cours des 1 à 3 prochaines décennies pour répondre à la demande du marché.

Les projections et la pente de la courbe de la demande pourraient s’avéraient différentes des estimations initiales. Nous sommes cependant confiants quant à la direction que prendront les énergies renouvelables. Ces dernières deviendront une part importante du mix de production d’électricité, et l’électricité captera, à son tour, une part plus importante de la consommation totale d’énergie.

De plus, avec l’adoption de la loi sur la réduction de l’inflation (IRA), nous pensons qu’il existe de solides arguments en faveur d’une accélération encore plus importante du déploiement des énergies renouvelables et des voitures électriques, car les incitations les rendent plus attrayantes que les alternatives. L’IRA propulsera la croissance des énergies renouvelables aux États-Unis en encourageant l’ensemble de la chaîne de valeur des énergies renouvelables, de la fabrication d’équipements aux actifs de production et de stockage, ainsi que l’hydrogène vert. Ce dernier est également un facteur de changement envisageable pour la demande d’énergies renouvelables, compte tenu de son potentiel substantiel dans des applications telles que le transport par camion, les engrais et l’utilisation industrielle. Rendez-vous pour un prochain article sur l’hydrogène vert !

Avertissement. Ecofin Advisors Limited (Ecofin UK) est autorisé et réglementé par la Financial Conduct Authority et est également enregistré auprès de la U.S. Securities and Exchange Commission en tant que conseiller en investissement. Ce commentaire contient certaines déclarations qui peuvent inclure des déclarations prospectives. Toutes les déclarations, autres que les déclarations de faits historiques, incluses dans les présentes sont des déclarations prospectives. Bien qu’Ecofin UK estime que les attentes reflétées dans ces déclarations prospectives sont raisonnables, elles impliquent des hypothèses, des risques et des incertitudes, et ces attentes peuvent s’avérer incorrectes ; les événements réels peuvent différer sensiblement de ceux anticipés dans ces déclarations prospectives en raison de divers facteurs. Vous ne devez pas vous fier indûment à ces déclarations prospectives, qui ne sont valables qu’à la date de cette publication. Ecofin UK n’assume aucune obligation de mettre à jour ces déclarations prospectives. Les points de vue et opinions exprimés dans ce commentaire sont valables à la date de publication et sont susceptibles de changer. Ce document ne doit pas être considéré comme un conseil d’investissement ou fiscal et n’est pas destiné à prédire ou à décrire la performance d’un investissement ou d’un fonds géré par Ecofin UK. Cette publication est fournie à titre informatif uniquement et ne constitue pas une offre de vente ou une sollicitation d’une offre d’achat de titres.

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